Si j'ai nommé mon blog "Devenir X, Y, Z" ce n'est pas anodin. En 2019, il faut pour être visionnaire, commencer par avoir un regard dans le futur et pour cela, avoir non pas ses deux pieds encrés dans le présent, ou dans le temps contemporain, (puisque on vit un éclatement des repères, et des ancrages) mais davantage avoir l'esprit dans notre siècle, et vivre à fond notre décennie. Il y a des thématiques tendance, "à la mode de chez nous" dont chaque jeune connait au moins la mention du nom : les LGBT+, le féminisme, la sexualité. Par exemple. Mais sous chacun de ces termes se cache et découle toute un pan de notre époque dont une grande majorité des hommes et femmes sur cette terre en sont les victimes ou les bourreaux. Tout cela revêt des notions de sociologies, d'anthropologie, de géopolique, de religions, de traditions, tout un enchevêtrement de notions complexes et interdépendantes, qui aux yeux du néophyte peut paraître comme un monde à part, un monde de l'ombre puisqu'en plus, rares sont les médias à traiter de ces sujets de façon sérieuse et académique. Sur le sujet, nous avons pourtant, enfin,... en France en tout cas nous pouvons compter sur une masse de journalistes "néo féministes", quelques universitaires sociologues fraîchement diplômés, des écrivains "ratés" par la presse, et bien sûr : la littérature des réseaux sociaux. Maillage fragile d'une parole qui pourtant devrait être l'apanage de la psychiatrie et devrait se raconter dans les pages d'une presse spécialisé. Mais non, la sexualité de chacun appartient à tous désormais. Chez les pédés, et les homos, qui forment à eux seuls une masse encore à part (une minorité opprimé, doit on dire...) la sexualité est libre et ouverte : on lui reproche d'être un tabou alors que ce jugement est erroné. Chez l'hétéro (chez le mâle blanc cis genre hétéro, doit on dire....) la sexualité est finalement indifférente et possède un cadre précis : entre l'écran de son ordinateur et/où la chambre à coucher. Elle n'est donc pas un tabou comme les homosexuels voudraient leur faire croire, mais plutôt minoré : elle n'a pas le même degrés d'importance que chez le gay affirmé (qui a fait son coming - out, doit on dire) et c'est cette indifférence qui offusque le bon petit gay (le gay de service, si, si on en a tous connu un!).
La sexualité est une chose personnelle, complexe, fluide, mouvante, changeante, fragile, soumise (à la biologie, aux hormones) et par conséquence, elle a toutes ses raisons de rester secrète et dans l'ombre et d'être taboue sans que cela devrait déranger quiconque. Je ne défends pas la "méchante morale" catholique et la norme sexuelle en vigueur de notre époque, que l'on soit bien d'accord; mais j'aimerais montrer du doigt cette gêne, et cette pudeur que chacun à le droit de garder enfouie en soi, sans que l'on vienne en déloger les fondements à coup d'idéologie, au nom du féminisme, avec les étendards de la libération sexuelle et kcétera.
Au détour de conversation ou de lectures sur un sujet, les concernés se sentiront obligés de défendre leur identité sexuelle, où de souligner ce point comme s'il était un élément déterminant dans leur raisonnement ou dans leur vie. Argument sorti du néant et des limbes (des abysses carrément) de leur petite enfance, le phacochère Freud reprends une bulle d'oxygène dans nos vies, pour se payer la tête de nos vies actuelles, des bulbes de fleurs sans tête, mais dont la queue de la sexualité prends sa forme. Cette intrusion sexualidéologique me fait l'effet d'une adolescente qui décide de porter une cravate le jour de ses 14 ans pour faire styler et piquer la place du père qui la gêne un peu trop. C'est à dire, que la mention de la sexualité chez un individu est un détail qui n'a d'importance qu'à ses yeux et dont tout le monde se fout.
La sexualité ne représente finalement que très peu de choses dans une vie, à raison de 10 a 15 minutes par jour supposons dans le plus performant des cas et sur une durée limité qui plus est (la sexualité est surtout là pour donner la vie, le reste c'est du 'jouir pour jouir' et de la morale hédoniste , disons le) après 70 ans qui peut se targuer de bander chaque matin? et surtout avant 10 ans comprends t on les jeux de séduction? Non. Voilà, tout cela est finalement d'une temporalité toute incertaine et je ne crois pas qu'il soit nécessaire de savoir où se situe son vagin pour pouvoir affirmer qu'une personnalité (une identité de genre doit on dire...) naisse de lui...
"L’intersectionnalité est d’abord une théorie critique au sens où elle permet de formuler des intérêts normatifs spécifiques, ceux de minorités situées à l’intersection des grands axes de structuration des inégalités sociales et dont les intérêts ne sont pas représentés par des mouvements sociaux. Ce sont aux États-Unis des femmes noires qui ont contesté le monopole de représentation des mouvements auxquels elles cherchaient à participer, en dénonçant la façon dont certain.e.s représentant.e.s étaient considéré.e.s comme plus légitimes – en particulier les hommes dans le mouvement de libération noir et les femmes blanches de la classe moyenne dans le mouvement féministe."
https://www.cairn.info/dictionnaire-genre-et-science-politique--9782724613810-page-286.htm#
samedi 19 octobre 2019
lundi 14 octobre 2019
Actuellement en lecture, aux éditions du Rocher, Hubert Haddad, Le Cimetière des Poètes, paru en une année obscure de l'an 2000 infini.
J'ai réalisé une première critique à chaud de cet ouvrage, que vous pouvez lire (mais qui lira ça? mdr) ici : https://www.senscritique.com/livre/Le_Cimetiere_des_poetes/39765410
Soit. Maintenant, je vais essayer de réaliser un petit travail de dépiotage du texte, puisque nombreuses sont :
les citations de poètes,
les références littéraires (absence d'index, quel dommage!) a foison!
et les tournures de phrases dites "littéraires" .
Je rajouterai aussi quelques pensées ou citations de l'auteur qui ont retenues mon attention.
J'en appelle a la Lucide Synthétique :
"L'art est toujours une renaissance, la seule façon de refaire son enfance après les tortures de l'apprentissage"
"La poésie n'est autre que la modulation d'un doute ascensionnel"
"Le poète est aussi ce diable qui fait l'économie du mal, sachant que le "bien" n'est qu'un accident de la mauvaise conscience, et qui ne garde jamais de la chute de l'ange que cette liberté de la chute"
Plus tard, la fausse mais efficace transparence des espaces de langage, structurant les rapports normatifs infra-sociaux, n'aura jamais qu'une issue, exemplairement obscure, dans l'effraction multiforme du poème, lequel décoiffe la rationalité unanime d'un appel d'air incomparable sur un autre monde, celui-là désassujetti, ouvert à tous les possibles.
La poésie n'est pas une province reculée d'un Etat de langage régi constitutionnellement par Grévisse, Larousse et consorts, mais la chance laissée, de manière intrinsèque, à cette étrange torsade de bruits et de signes autour d'une syntaxe obnubilée, de ne jamais se réduire à un code servile, fût il des plus élaborés, à la solde d'une transmission univoque et donc tautologique des contenus de réalité. [...] Le totalitarisme laïc ou religieux qui s'empare d'une langue pour en faire un véhicule de propagande, entre credo et vulgate, voudrait aboutir au sommeil hypnotique généralisé, à l'identification massive avec le principe d'emprise élocutoire en excluant tous les parasitages et interférences, tout ce qui devient parole, retour libre du verbe sur lui-même. Mais la langue qui, par chance, demeure incarnée dans son poème génésiaque, exigerait l'amputation de sa singularité philologique et des résonances actives toujours en oeuvre pour ne plus refléter que le discours stérile qui l'asservit.
Par malheur, les poètes majeurs laissent après eux des cohortes fantomatiques d'émules qui tremperont leurs plumes dans une bile d'orphelins.
Car la beauté en soi n'est qu'une dualité harmonique instable que l'objet incarne au -delà de lui-même, dans l'inexplicable exaltation de ce rapport privé d'assise.
Le défaut des génies étalonnées est d'engendrer mules et bardots à foison par vaine hybridation avec les ânes
....
Les disciples de Char se trempent et retremprent dans le même jacuzzi héraclitéen. Les rousselliens rousselisent en poupées gigognes, l'un issu du ventre creux de l'autre jusqu'à disparition millimétrique
Une bourgeoisie intestine s'est emparée du roman, nous submergeant des eaux de vaisselle d'un réalisme de deuxième main repiqué avec un cure dents de l'imagerie cinématographique.
La volonté d'occultation, qu'on peut supposer chez un Lyophron, a peu à voir avec l'élocution sacrée invoquant les arcanes en phase expérimentale et dont les pouvoirs d'envoûtement, une fois héros et dieux incarcérés dans les musées, tiennent avant tout dans les rémanences du désir et de l'effroi portées par un verbe lointain, mais grondant encore en nous du génie propitiatoire.
J'ai réalisé une première critique à chaud de cet ouvrage, que vous pouvez lire (mais qui lira ça? mdr) ici : https://www.senscritique.com/livre/Le_Cimetiere_des_poetes/39765410
Soit. Maintenant, je vais essayer de réaliser un petit travail de dépiotage du texte, puisque nombreuses sont :
les citations de poètes,
les références littéraires (absence d'index, quel dommage!) a foison!
et les tournures de phrases dites "littéraires" .
Je rajouterai aussi quelques pensées ou citations de l'auteur qui ont retenues mon attention.
J'en appelle a la Lucide Synthétique :
"L'art est toujours une renaissance, la seule façon de refaire son enfance après les tortures de l'apprentissage"
"La poésie n'est autre que la modulation d'un doute ascensionnel"
"Le poète est aussi ce diable qui fait l'économie du mal, sachant que le "bien" n'est qu'un accident de la mauvaise conscience, et qui ne garde jamais de la chute de l'ange que cette liberté de la chute"
Plus tard, la fausse mais efficace transparence des espaces de langage, structurant les rapports normatifs infra-sociaux, n'aura jamais qu'une issue, exemplairement obscure, dans l'effraction multiforme du poème, lequel décoiffe la rationalité unanime d'un appel d'air incomparable sur un autre monde, celui-là désassujetti, ouvert à tous les possibles.
La poésie n'est pas une province reculée d'un Etat de langage régi constitutionnellement par Grévisse, Larousse et consorts, mais la chance laissée, de manière intrinsèque, à cette étrange torsade de bruits et de signes autour d'une syntaxe obnubilée, de ne jamais se réduire à un code servile, fût il des plus élaborés, à la solde d'une transmission univoque et donc tautologique des contenus de réalité. [...] Le totalitarisme laïc ou religieux qui s'empare d'une langue pour en faire un véhicule de propagande, entre credo et vulgate, voudrait aboutir au sommeil hypnotique généralisé, à l'identification massive avec le principe d'emprise élocutoire en excluant tous les parasitages et interférences, tout ce qui devient parole, retour libre du verbe sur lui-même. Mais la langue qui, par chance, demeure incarnée dans son poème génésiaque, exigerait l'amputation de sa singularité philologique et des résonances actives toujours en oeuvre pour ne plus refléter que le discours stérile qui l'asservit.
Par malheur, les poètes majeurs laissent après eux des cohortes fantomatiques d'émules qui tremperont leurs plumes dans une bile d'orphelins.
Car la beauté en soi n'est qu'une dualité harmonique instable que l'objet incarne au -delà de lui-même, dans l'inexplicable exaltation de ce rapport privé d'assise.
Le défaut des génies étalonnées est d'engendrer mules et bardots à foison par vaine hybridation avec les ânes
....
Les disciples de Char se trempent et retremprent dans le même jacuzzi héraclitéen. Les rousselliens rousselisent en poupées gigognes, l'un issu du ventre creux de l'autre jusqu'à disparition millimétrique
Une bourgeoisie intestine s'est emparée du roman, nous submergeant des eaux de vaisselle d'un réalisme de deuxième main repiqué avec un cure dents de l'imagerie cinématographique.
La volonté d'occultation, qu'on peut supposer chez un Lyophron, a peu à voir avec l'élocution sacrée invoquant les arcanes en phase expérimentale et dont les pouvoirs d'envoûtement, une fois héros et dieux incarcérés dans les musées, tiennent avant tout dans les rémanences du désir et de l'effroi portées par un verbe lointain, mais grondant encore en nous du génie propitiatoire.
"Mais pourquoi appeler lumière ce qui ne fait rien voir?" Fichte
"Le premier acte par lequel Adam se rendit maître des animaux, fut de leur imposer un nom, c'est à dire qu'il les anéantit dans leur existence en tant qu'existence" Hegel
"La compréhension équivaut à un meurtre" Alexandre Kojève
"L'obscurité qu'on lui reproche, ne tient pas à sa nature propre, qui est d'éclairer, mais à la nuit même qu'elle explore et qu'elle se doit d'explorer : celle de l'âme elle-même et du mystère qui baigne l'être humain" Saint John Perse
"L'illisible, c'est le poème lui-même, rendu équivalent à la nature" Georges Perros
"Croire à la poésie, c'est estimer qu'il existe quelque chose de commun entre Homère et Mallarmé" Roger Caillois
"De tout temps, la beauté a tété ressentie par certains comme une secrète insulte" Debussy
"Si bien qu'enfin, pour mettre le holà,
Malherbe vint et que la poésie,
En le voyant arriver, s'en alla"
Théodore de Banville
"Ce qui a été cru, par tous, et toujours, et partout a toutes les chances d'être faux" . Paul Valery
"Le poète, à qui il appartient de s'exprimer dans un état social de plus en plus évolué, doit par tous les moyens ressaisir la vitalité concrète que les habitudes logiques de la pensée sont pour lui faire perdre" Breton André
"Croire à la poésie, c'est estimer qu'il existe quelque chose de commun entre Homère et Mallarmé" Roger Caillois
"De tout temps, la beauté a tété ressentie par certains comme une secrète insulte" Debussy
"Si bien qu'enfin, pour mettre le holà,
Malherbe vint et que la poésie,
En le voyant arriver, s'en alla"
Théodore de Banville
"Ce qui a été cru, par tous, et toujours, et partout a toutes les chances d'être faux" . Paul Valery
"Le poète, à qui il appartient de s'exprimer dans un état social de plus en plus évolué, doit par tous les moyens ressaisir la vitalité concrète que les habitudes logiques de la pensée sont pour lui faire perdre" Breton André
Belghanem
Châteaureynaud
Michel Foucault "Etiologie des modes d'intégration du sens"
Keats "Ode à la mélancolie"
"Consolation à M. Dupérier sur la mort de sa fille" Malherbe
Les Chimères , Nerval
"Consolation à M. Dupérier sur la mort de sa fille" Malherbe
Les Chimères , Nerval
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