samedi 19 octobre 2019

Je suis, la norme

Si j'ai nommé mon blog "Devenir X, Y, Z" ce n'est pas anodin. En 2019, il faut pour être visionnaire, commencer par avoir un regard dans le futur et pour cela, avoir non pas ses deux pieds encrés dans le présent, ou dans le temps contemporain, (puisque on vit un éclatement des repères, et des ancrages) mais davantage avoir l'esprit dans notre siècle, et vivre à fond notre décennie. Il y a des thématiques tendance, "à la mode de chez nous" dont chaque jeune connait au moins la mention du nom : les LGBT+, le féminisme, la sexualité.   Par exemple. Mais sous chacun de ces termes se cache et découle toute un pan de notre époque dont une grande majorité des hommes et femmes sur cette terre en sont les victimes ou les bourreaux. Tout cela revêt des notions de sociologies, d'anthropologie, de géopolique, de religions, de traditions, tout un enchevêtrement de notions complexes et interdépendantes, qui aux yeux du néophyte peut paraître comme un monde à part, un monde de l'ombre puisqu'en plus, rares sont les médias à traiter de ces sujets de façon sérieuse et académique. Sur le sujet, nous avons pourtant, enfin,... en France en tout cas nous pouvons compter sur une masse de journalistes "néo féministes", quelques universitaires sociologues fraîchement diplômés, des écrivains "ratés" par la presse, et bien sûr : la littérature des réseaux sociaux. Maillage fragile d'une parole qui pourtant devrait être l'apanage de la psychiatrie et devrait se raconter dans les pages d'une presse spécialisé. Mais non, la sexualité de chacun appartient à tous désormais. Chez les pédés, et les homos, qui forment à eux seuls une masse encore à part (une minorité opprimé, doit on dire...) la sexualité est libre et ouverte : on lui reproche d'être un tabou alors que ce jugement est erroné.  Chez l'hétéro (chez le mâle blanc cis genre hétéro, doit on dire....) la sexualité est finalement indifférente et possède un cadre précis : entre l'écran de son ordinateur et/où la chambre à coucher. Elle n'est donc pas un tabou comme les homosexuels voudraient leur faire croire, mais plutôt minoré : elle n'a pas le même degrés d'importance que chez le gay affirmé (qui a fait son coming - out, doit on dire) et c'est cette indifférence qui offusque le bon petit gay (le gay de service, si, si on en a tous connu un!).
La sexualité est une chose personnelle, complexe, fluide, mouvante, changeante, fragile, soumise (à la biologie, aux hormones) et par conséquence, elle a toutes ses raisons de rester secrète et dans l'ombre et d'être taboue sans que cela devrait déranger quiconque. Je ne défends pas la "méchante morale" catholique et la norme sexuelle en vigueur de notre époque, que l'on soit bien d'accord; mais j'aimerais montrer du doigt cette gêne, et cette pudeur que chacun à le droit de garder enfouie en soi, sans que l'on vienne en déloger les fondements à coup d'idéologie, au nom du féminisme, avec les étendards de la libération sexuelle et kcétera.
Au détour de conversation ou de lectures sur un sujet, les concernés se sentiront obligés de défendre leur identité sexuelle, où de souligner ce point comme s'il était un élément déterminant dans leur raisonnement ou dans leur vie. Argument sorti du néant et des limbes (des abysses carrément) de leur petite enfance, le phacochère Freud reprends une  bulle d'oxygène dans nos vies, pour se payer la tête de nos vies actuelles, des bulbes de fleurs sans tête, mais dont la queue de la sexualité prends sa forme. Cette intrusion sexualidéologique me fait l'effet d'une adolescente qui décide de porter une cravate le jour de ses 14 ans pour faire styler et piquer la place du père qui la gêne un peu trop. C'est à dire, que la mention de la sexualité chez un individu est un détail qui n'a d'importance qu'à ses yeux et dont tout le monde se fout.
La sexualité ne représente finalement que très peu de choses dans une vie, à raison de 10 a 15 minutes par jour supposons dans le plus performant des cas et sur une durée limité qui plus est (la sexualité est surtout là pour donner la vie, le reste c'est du 'jouir pour jouir' et de la morale hédoniste , disons le) après 70 ans qui peut se targuer de bander chaque matin? et surtout avant 10 ans comprends t on les jeux de séduction? Non. Voilà, tout cela est finalement d'une temporalité toute incertaine et je ne crois pas qu'il soit nécessaire de savoir où se situe son vagin pour pouvoir affirmer qu'une personnalité (une identité de genre doit on dire...) naisse de lui...

"L’intersectionnalité est d’abord une théorie critique au sens où elle permet de formuler des intérêts normatifs spécifiques, ceux de minorités situées à l’intersection des grands axes de structuration des inégalités sociales et dont les intérêts ne sont pas représentés par des mouvements sociaux. Ce sont aux États-Unis des femmes noires qui ont contesté le monopole de représentation des mouvements auxquels elles cherchaient à participer, en dénonçant la façon dont certain.e.s représentant.e.s étaient considéré.e.s comme plus légitimes – en particulier les hommes dans le mouvement de libération noir et les femmes blanches de la classe moyenne dans le mouvement féministe." 

https://www.cairn.info/dictionnaire-genre-et-science-politique--9782724613810-page-286.htm#

lundi 14 octobre 2019

Actuellement en lecture, aux éditions du Rocher, Hubert Haddad, Le Cimetière des Poètes, paru en une année obscure de l'an 2000 infini.
J'ai réalisé une première critique à chaud de cet ouvrage, que vous pouvez lire (mais qui lira ça? mdr) ici : https://www.senscritique.com/livre/Le_Cimetiere_des_poetes/39765410
Soit. Maintenant, je vais essayer de réaliser un petit travail de dépiotage du texte, puisque nombreuses sont :
les citations de poètes,
les références littéraires (absence d'index, quel dommage!) a foison!
et les tournures de phrases dites "littéraires" .
Je rajouterai aussi quelques pensées ou citations de l'auteur qui ont retenues mon attention.

J'en appelle a la Lucide Synthétique :

"L'art est toujours une renaissance, la seule façon de refaire son enfance après les tortures de l'apprentissage"
"La poésie n'est autre que la modulation d'un doute ascensionnel"
"Le poète est aussi ce diable  qui fait l'économie du mal, sachant que le "bien" n'est qu'un accident de la mauvaise conscience, et qui ne garde jamais de la chute de l'ange que cette liberté de la chute"

Plus tard, la fausse mais efficace transparence des espaces de langage, structurant les rapports normatifs infra-sociaux, n'aura jamais qu'une issue, exemplairement obscure, dans l'effraction multiforme du poème, lequel décoiffe la rationalité unanime d'un appel d'air incomparable sur un autre monde, celui-là désassujetti, ouvert à tous les possibles. 

La poésie n'est pas une province reculée d'un Etat de langage régi constitutionnellement par Grévisse, Larousse et consorts, mais la chance laissée, de manière intrinsèque, à cette étrange torsade de bruits et de signes autour d'une syntaxe obnubilée, de ne jamais se réduire à un code servile, fût il des plus élaborés, à la solde d'une transmission univoque et donc tautologique des contenus de réalité. [...] Le totalitarisme laïc ou religieux qui s'empare d'une langue pour en faire un véhicule de propagande, entre credo et vulgate, voudrait aboutir au sommeil hypnotique généralisé, à l'identification massive avec le principe d'emprise élocutoire en excluant tous les parasitages et interférences, tout ce qui devient parole, retour libre du verbe sur lui-même. Mais la langue qui, par chance, demeure incarnée dans son poème génésiaque, exigerait l'amputation de sa singularité  philologique et des résonances actives toujours en oeuvre pour ne plus refléter que le discours stérile qui l'asservit. 

Par malheur, les poètes majeurs laissent après eux des cohortes fantomatiques d'émules qui tremperont leurs plumes dans une bile d'orphelins. 

Car la beauté en soi n'est qu'une dualité harmonique instable que l'objet incarne au -delà de lui-même, dans l'inexplicable exaltation de ce rapport privé d'assise. 

Le défaut des génies étalonnées est d'engendrer mules et bardots à foison par vaine hybridation avec les ânes 
.... 
Les disciples de Char se trempent et retremprent dans le même jacuzzi héraclitéen. Les rousselliens rousselisent en poupées gigognes, l'un issu du ventre creux de l'autre jusqu'à disparition millimétrique 

Une bourgeoisie intestine s'est emparée du roman, nous submergeant des eaux de vaisselle d'un réalisme de deuxième main repiqué avec un cure dents de l'imagerie cinématographique. 

La volonté d'occultation, qu'on peut supposer chez un Lyophron, a peu à voir avec l'élocution sacrée invoquant les arcanes en phase expérimentale et dont les pouvoirs d'envoûtement, une fois héros et dieux incarcérés dans les musées, tiennent avant tout dans les rémanences du désir et de l'effroi portées par un verbe lointain, mais grondant encore en nous du génie propitiatoire. 



"Mais pourquoi appeler lumière ce qui ne fait rien voir?" Fichte
"Le premier acte par lequel Adam se rendit maître des animaux, fut de leur imposer un nom, c'est à dire qu'il les anéantit dans leur existence en tant qu'existence" Hegel 
"La compréhension équivaut à un meurtre" Alexandre Kojève
"L'obscurité qu'on lui reproche, ne tient pas à sa nature propre, qui est d'éclairer, mais à la nuit même qu'elle explore et qu'elle se doit d'explorer : celle de l'âme elle-même et du mystère qui baigne l'être humain" Saint John Perse
"L'illisible, c'est le poème lui-même, rendu équivalent à la nature" Georges Perros
"Croire à la poésie, c'est estimer qu'il existe quelque chose de commun entre Homère et Mallarmé" Roger Caillois
"De tout temps, la beauté a tété ressentie par certains comme une secrète insulte" Debussy
"Si bien qu'enfin, pour mettre le holà,
Malherbe vint et que la poésie,
En le voyant arriver, s'en alla"
Théodore de Banville
"Ce qui a été cru, par tous, et toujours, et partout a toutes les chances d'être faux" . Paul Valery
"Le poète, à qui il appartient de s'exprimer dans un état social de plus en plus évolué, doit par tous les moyens ressaisir la vitalité concrète que les habitudes logiques de la pensée sont pour lui faire perdre" Breton André




Belghanem 
Châteaureynaud
Michel Foucault "Etiologie des modes d'intégration du sens"
Keats "Ode à la mélancolie"
"Consolation à M. Dupérier sur la mort de sa fille" Malherbe
Les Chimères , Nerval 

vendredi 12 juillet 2019

Rugy a fait une boulette, on implore le Roi Justice immanente!



L'affaire François de Rugy, et la révélation de la note de ces frais a l'assemblée (alors même que son mandat est encore en cours!, dieu seul sait ce qui aurait pu encore être "jeté" par les fenêtres) prends des allures d'anti-affaire dreyfus, dans le sens où cette fois encore le peuple s'éprends d'une nouvelle cause à dénoncer, et l'ire de la vindicte populaire revêt ses plus beaux oripeaux de croisade contre le mal de ce siècle : l'argent! Oui, encore une fois, c'est à l'argent, à la drachme, à la roupie, encore une fois c'est à la caillasse, au fric, au flouze, que le peuple est capable d’élever sa voix (mais sans jamais se lever de sa chaise) pour exprimer son mécontentement du jour! Quel soulagement de pouvoir railler, et râler à sa guise un énième trublion du théâtre politique, que ça fait du bien de déverser sa petite vanne, de faire son intéressant, de parader, de dire "moi je", enfin le champ large des 100 mots de vocabulaires va pouvoir enfin un peu vadrouiller sur la toile, et enfin l'appartenance à sa propre classe sociale (la "classe moyenne") va enfin avoir sa petite visibilité. "Mr de Rugy cela, Mr de Rugy ceci, Rugy = scandale , vilain homme, Oh mais quelle laideur etc etc." Que des superlatifs d'un charme et d'une élégance certaine qui révèle ô combien l'esprit francais peut être profond en avoisinant avec le vide!
Je parlais plus haut d'anti affaire dreyfus, sur wikipedia (o joie!) j'aime à relire ceci : " Cette affaire est souvent considérée comme le symbole moderne et universel de l'iniquité3 au nom de la raison d'État, et reste l'un des exemples les plus marquants d'une erreur judiciaire difficilement réparée, avec un rôle majeur joué par la presse et l'opinion publique." 

Dans un autre contexte social, où l'expression "faire le buzz" n'existerait pas et où les journalistes représenterait une minorité silencieuse qui vendrait quelques exemplaires dans les kiosques, je suis certaine que cette énième épinglage d'un homme politique sur le pilori de la bienpensance populaire, aurait pris les couleurs de cette lutte mémorable qu'est l'affaire Dreyfus. Hors là, la colère et le sentiment d'injustice sociale est bien présent mais d'ici 2 semaines, on sera passé a autre chose ! Il est vrai que certains trublions du cénacle politique ont eu droit au tapis rouge médiatique, comme bien sur, l'homme que l'on ne nomme plus ou que l'on nomme trop, "Alexandre Benalla" . Effet boule de neige de l'information en cascade de frasques, voilà de quoi se rafraîchir durant plusieurs mois, puisqu'il n'y a plus qu'à coller le cul des instances juridiques pour connaître les suites de la mise a mort, et enfin nous pourrons écrire librement sur nos torchons! O roi de journalistes,  que l'on vous dore les ongles de pieds! Quelle malice de chercher la merde dans les détails d'un sèche cheveux, de calculer le prix d'un mètre carré de moquettes, de lécher la flûte d'un verre de champagne lors d'une agape à vocation mondaine! 
Il en a fallu du courage pour avoir toutes ces informations, il a fallu aller chercher bien profond pour obtenir ces notes de frais, et puis quels dîners! Olalala, après être repus, nous restons bouche-bée, nous ne savons plus si c'est par le troufion que nous rôtons, et par la bouche, nous voilà sans dessus dessous! 
Gloire a celui qui a trouvé la pepite d'or de l'anti-information, celui qui a révéler au public ces fastes insupportables pour un gnome qui pleure dans son assiette tous les soirs, gloire a ce journaliste qui a su donner a ses cochons de la confiture pour un soir! Celui là ira loin et finira tout feu tout joie, comme Hugo Clément... si, si vous savez, ce journaliste d'investigation qui a pris de grands risques? Ce citadin beaucoup trop sympa a qui on pardonnerai de faire en plus du pire travail, de le faire de façon très mauvaise..?! Eh bien sachez que cet Hugo Clément, soulève les foules, et grâce a sa maîtrise des réseaux sociaux, ce journaliste qui adore la crotte de chien, remporte toute la sympathie du public (faut dire aussi, il est tellement métrosexuel, tellement chic, tellement mignon, j'en allumerai un cierge) PUTAIN HUGO MERCI, QU'ON TE DONNE UN TROPHée ! 
Eh voilà, le sens commun et son mauvais goût sous-jaccent remporte la 1ere place du podium, derrière en 2e place se trouve la médiocrité , et en 3e place bien sur la bêtise. Tout ca est tellement lourd pour un seul podium, qu'il risquerait de s'effondrer si tous ces titres ne s'embriqueraient pas si bien entre eux. Vive la complémentarité. En dernière place, pleurons chers amis (de l'invisible), nous retrouvons : le sens critique, suivi par la lucidité, et enfin le bon goût.  eux n'ont plus assez de pieds pour supporter la valeur de leur étendue, et finisse par s'effondrer et rejoindre l"'oubli" : Bon Voyage! 
Quand a vous Mr de Rugy, quel vilain homme pour un ministre de l'écologie : payer des rénovations d'appartement appartenant a l'état, dans lequel vous n'êtes qu'un simple locataire, qui plus est (hein nan mais ho, ça suffit, voyons, allez là, on circule, eh qu'ca roule, et qu'ca saute, en voiture Simonette, vous l'avez vu celui là? nan, si tiens mon pain (mon parpaing) dans ta face, *pssst*), MAIS QUELLE HONTE! Quelle Honte de faire ces rénovations! Vraiment, Vraiment, et puis les devis Olala, ca cest insupportable, voulez vous voir moi combien j'en ai eu pour repeindre mon garage? (TG JACQUELINE). Vraiment ce servir dans les caisses de l'état pour rénover des appartements qui appartiennent a l'état, Ce n'est pas logique (attendez? ca veut rien dire logique? nan rien mamzelle, moi je suis là pour mettre des prunes, si c'est pas "logicus tractacus philosophicus, mamzelle, moi je fais quand même, d'ailleurs de quoi parlons nous? j'ai oublié déjà, allez circulez, merci aurevoir et bonne journée! *psst*. Rien n'est logique depuis le dictionnaire et le protestantisme, et pourtant on vit encore comme si tout allait bien en crachant quotidiennement notre glaire d'injustice. Quelle belle vie au final ! Que Mr de Rugy dorme tranquille dans son palais, cette nuit on ira lui doré la tapisserie, avec... cette fois, ci de la feuille d'or, peut être, qui sait de quoi les serfs sont capables.... 

mercredi 8 mai 2019

Les écologistes


Je lis en ce moment les ouvrages de l'auteure Alexandra David Néel, qui sont tous excellents et qui font tous preuves de beaucoup d'érudition en la matière. J'aurai eu beaucoup de choses à dire, écrire ou penser sur sa pensée, ou plutôt sur la pensée tibétaine dont elle se fait la relayeuse, ou du moins la "digne" transmetteuse pour un public déjà averti.

Mais là n'est pas le sujet de cette causerie, qui ne concernera que moi. Non; C'est en lisant une phrase somme toute des plus banales, au sujet d'un récit narré, que j'ai eu envie d'ouvrir le carnet de note. Il s'agit de ce passage :

"Cet homme était me fils cadet d'une famille paysanne, il aspirait à quitter la vie de cultivateur pour faire du commerce et s'enrichir - C'est là le rêve de presque tous les Tibétains."

* Par extension, nous pourrions rajouter : "C'est là le rêve de presque toute la Terre entière, et le voilà réaliser".

Le rêve n'est plus rêve mais stricte vérité, on parle de cultivateur, mais celui ci s'est transformé en "paysan" modifiant sa ferme en exploitation, et l'exploitation le rendant "agriculteur" pour que l'exploitation devienne une surface agricole d'exploitation, et enfin, celui ci devient "exploitant agricole" le rendant lui et son terrain, à la merci d'acheteurs professionnels. Je ne sais pas mieux comment expliquer le début de l'économie puisque c'est de la terre que tout vient, c'est de la terre que les prix sont fixés, puis ajustés, puis modifiés, puis variés, puis côtés, puis devenant pourcentage de pourcentage, puis devenant consommation, évidemment, puis devenant vite, néant et poussière du vide. Au final, c'est dans le paysan que né Caîn est Abel, et que découle une des sources connues du Mal (au sens métaphysique, bien sûr). C'est dans le désir de s'émanciper de quitter "nos pieds de la terre boueuse" du travail, que l'Homme quitte, oublie Dieu pour se transformer ou plutôt se "terre à former". En devant commerçant, la terre devient palpable et il jouit plus vite des biens qu'il produit. C'est le commerçant qui n'est plus a la merci de la terre, mais qui à la terre à ses pieds. L'Homme (le petit homme, l'humain, le "paysan" ) possédant la terre qui n'est plus acculé à ses pieds, mais dont son pied est désormais revêtu d'une parure, il ne la foule plus, mais l'effleure. Il peut désormais se faire petit oracle et établir des calendriers, s'il a oublié Dieu, c'est parce qu'à son échelle il en est devenu un : un planificateur d'une période donnée. Un créateur, Un Architecte d'un petit univers.
Ainsi, si l'intelligence et une raison éclairée se greffe à sa colonne vertébrale, il deviendra même littéraire par là j'entends curieux du monde (et de son devenir selon le Vedanddhanta) : il produira une science qu'il rendra publique, (le journaliste, les médias, la littérature) ou produira une science secrète (recherche scientifique, religion, franc maçonnerie). Voilà donc l'homme accompli, puisque rempli des pieds à la tête par tout ce qu'il est possible qu'un homme obtienne ici bas. Ses pieds appartiendront toujours a la terre, ses jambes courront le monde, son estomac sera plein, ses poumons seront plein d'air de la communication, et sa tête elle lui appartiendra toute entière parce qu'il planifiera toujours (il se projette). La machine tournant a plein fouet, le coeur alimentant tout ça selon sa propre fonction. Il n'y a a donc plus aucune raison de s'inquiéter parce que même l'inquiétude serait le signe qu'il y a une activité irrationnelle qui se produit en lui, et dont aucun organe n'a pourtant la place pour s'en charger.
C'est dans ce sentiment de quiétude que la vie, enfin,... la vie telle qu'elle nous est donné aujourd'hui - traversant le samsara- s'est milliardièment développée ne nous rendant plus homme, plus éthnie, plus peuple, plus nation, plus pays, plus états, plus union, mais "population". Une population qui n'est plus paysanne, qui est majoritairement consommatrice donc, dont l'héritage du commerce a (cf "les marchands du temple)  encore subi une évolution sur l'échelle de la théorie créationniste. [Vu sous cet angle cette théorie générale de l'évolution humaine, est entièrement validée.] Sauf que cette terre qui en a vu passé des hommes, porte aujourd'hui les traces de seulement 2000 ans de vie humaine, de paysannerie, de causerie, de commerce. Et voilà, la naissance de l'écologie : conscience passée et oubliée que la Terre, au même titre que l'Homme possède une Âme impalpable puisque ne possédant pas de corps (ou d'organe) propre pour produire son activité. Voilà le Paysan qui a perdu son identité il y a déjà plus de mille année qui se met a pérorer à travers un vocabulaire tout neuf et moderne, sur le sort d'une espèce qu'il dit humaine et a laquelle il s'associe, niant tout de chaque particularité. L'ONU nous sort 1000 espèces qu'il faut impérativement protéger. 1000 animaux dont la vie est en danger.
Il est certain que ce n'est pas uniquement au Tibet que l'Homme s'est enrichi.
L'homme possédera t il assez d'espace sur sa clé usb du rêve humain, pour rêver à ses animaux qu'il va bien falloir oublier?

A la manière du Petit Prince qui cultive sa rose sous serre sur une planète au nom compliqué, nous écolos de la première heure nous allons voir grandir sous herbium, la dernière autruche violette a 7 pattes, nous allons l’observer sous toutes les dernières coutures et calculer le grain de sa plume : en voyant mieux de près sa reproduction et son évolution, il est certain que nous allons la protéger!
Le dicton de la main de l'homme qui nourrit la vache, qui tuera cette vache pour la manger, est entièrement vrai, mes amis écolos, nous ouvrons grands nos yeux téléscopiques sur les dernières mutations, que nous avons oubliés les filtres lumineux de notre raison si sainement éclairée pour analyser limpidement l'étendue globale de l'avancée du monde! (ou du recul de la création) ! Ouvrons encore grands nos lanternes d'yeux et pleurons en coeur, population! NOUS RACISTE PAR ESSENCE, ASEXUE PAR LE TEMPS, nous allons tellement regarder cette autruche cellophanée, que dans le dernier hocquet d'instinct de notre tambour de coeur, nous allons fusionner (Oh, alchimie des temps anciens, bonjour!) et devenir, NOUS AUTRUCHES!
Plus de paysan, plus de terre, plus de commerce et de calcul fatigant, sans le dividende de la conscience par delà les sens, le quotient aboutit à un oubli de donné : puisque nous sommes sans rien, puisque nous parlons encore tout de même, alors devenons ce qui nous reste : des bêtes. tout calcul fait...

jeudi 18 avril 2019

La seule force que j'accorde à l'Homme c'est sa capacité a oublier. Nous pouvons traiter des problèmes qui nous occupe le jour la nuit, et selon la volonté de chacun nous pouvons oublier l'origine du problème posé et la solution qu'on a pu lui apporter. C'est le lot des travailleurs, qui chaque jour se lèvent pour recommencer ce qu'ils ont fait la veille. Quelle force! L'oubli, ainsi que l'ignorance est la meilleure garante des kilomètres de la vie vers la mort. Un Homme qui vit longtemps est un grand nettoyeur, un formidable rêveur qui passe outre les jours qui passent. Le pardon sur la route, facilite cet oubli inconscient souvent, ou la mémoire qui parfois n'arrive plus a oublier, lorsque le décès d'un proche ou d'une cathédrale nous atteint dans notre for intérieur. Pourtant aujourd'hui, la mémoire, justement est la garante d'une intelligence vive et intacte, qui permet aussi de garder sa lucidité au frais. Mais quand nous décidons volontairement de ne pas se souvenir, de rendre a César ses richesses, nous voilà dénué, non pas de nous mêmes, non, mais de ce que la mémoire récolte : comme un filet de pêche dans une mer vierge. Chaque jour, décidant d'oublier vous restez pur, votre intelligence aussi. Ainsi nous oublions de se se souvenir. Vous voilà, un tout petit libre. Votre cerveau carbure à rien, vous n'avancez pas beaucoup mais vous êtes léger, léger et durable. Peu à peu, vous n'aspirez pas a devenir une cathédrale, mais un phare. Puisque la pierre résiste à l'eau, qui l'eau éteint le feu, et que le feu brûle la pierre. Vous trouvez plus de bonheur dans votre solitude qui éclaire le vide d'une mer sans fin (l'infini) que dans une cathédrale de ville où la vie passe. Et passe. Je préfère la bruit de la mer, que les bruits de pas sur le sol.

mardi 16 avril 2019

Quand on est un "contemplatif" qui aime les mondes intérieurs, et les vastes étendues éthériques, un 'observateur' ,chaque "chose" peut s'avérer être un jeu, un "divertissement" pour l'âme. Je met des guillemets car loin de moi l'idée de me "détourner de" (telle est la définition de divertir...) peut être devrais je dire une distraction pour l'esprit, ou bien un moyen prosaïque de se former l'esprit. Je pense directement à l'étude des sciences naturelles et à la physique et l'étude de ses lois. Mais je n'aventurais pas sur des domaines dont je ne maîtrise pas totalement l'étendue. En fait ce que j'aimerais signifier à travers cet article, c'est comment via "le jeu" l'homme un peu plus sensé que la moyenne, peut y trouver une source d'activité, de vie, pour son âme. Ainsi, il vous suffit d'observer les jeux des enfants pour trouver matière à sourire sur la Création.Comment l'observation d'un rond en bois à travers les yeux d'un enfant, lui permet de conduire ce même rond à une destination, par exemple, un réceptacle carré, alors qu'elle nous parait fausse ou erroné a nos yeux adultes! Dira-t-on : évidemment un rond ne peut rentrer dans un carré ! Mais cette erreur factuelle, est bien plus amusante qu'elle en a l'air pour l'esprit observateur, car c'est l'enfant le 1er qui défie le lois de la physique! Ne compte t on plus le nombre de chute, de gadins, de jeux et de dessins confus qui semble nourrir tout son être! Tout cela nous échappe totalement avec le temps, et nous ne nous amusons plus de ces jeux que l'on qualifiera d'enfantin, de puéril. En fait, nous cherchons la complexité, l'élaboration  à travers l'art souvent; mais il en est de même, dans bien d'autres domaines : la cuisine, aussi! La science n'est pas épargné faisant l'objet même d'un domaine de prédilection chez les garçons. Ce qui est fort dommage dans un sens, car la plupart du temps, ces mêmes scientifiques ne sont pas épargnés par l’absence totale d'intelligence émotionnelle, ne leur permettant plus de s'émouvoir et de voir les phénomènes simples (comme le lever du jour) comme étant simplement "la couleur jaune qui jaillit et fait bleuir le ciel de son opacité". Cette dernière phrase est cent fois plus "scientifique" qu'elle en est à l'air, et paradoxalement, si on regarde la définition scientifique du levé de soleil, on y trouvera une définition bien plus "précise", mais qui n'explique rien de ce que les sens seuls perçoivent; simplement ce que la raison et l'accumulation d'"expériences" y ont apportés. Il faudrait donc tuer, tous les immatures et rendre l'intelligence à la beauté. Voilà ma république! Qui vote?

Plus raisonnablement,   j'ai eu la chance de découvrir, l'art que l'on qualifie de 'brut':  en apparence rien de complexe pour l'intelligence humaine, pour la plupart du temps c'est une recherche de ce "quelque chose, de ce "je ne sais quoi" (comme dit Jankelevitch) - ou disons le : de l'innocence perdue, à travers des dessins ou des compositions nulles, laides, moches, débiles, puériles, voir bêtasse. Mais qu'est ce que c'est amusant! C'est amusant pour un adulte qui connait bien les ramifications de son hêtre (^__^) enfin l'art divertit véritablement, enfin l'art touche son but avec l'art brut, car il fait sourire, il rapporte ce je ne sais quoi, que nous avons tous en nous. A cette époque moderne voilà donc le seul art à mon sens qui nous peut nous faire crier de joie, sans passer par cette horrible case "d'interrogation, de questionnement, de voyage intérieur" et tout ce blabla barbant! L'art clown est parmi nous : Eurêka Einstein! Tire ta langue, ta recherche a peut être servie ce mouvement artisitique!

Enfin, l'homme sans religion qui fonde aujourd'hui la masse et qui se suffit à lui -même, trouvera certainement cet art provocant et complètement inutile, et accordera encore à l'art ses vieilles lettres de noblesse qui lui colle a la peau! Eurk ! Nan, l'art ne sert à rien, nous n'emporterons aucune image de l'art après notre mort, et grand bien aux âmes simples qui vivent sans cet apport douteux dans la Création! Mais pour l'homme pur, un peu de divertissement, peut soulager l'âme d'une trop haute élévation ou de tourments intérieures, à l'art on peut aussi lui accorder sa légèreté et son inutilité totale! Je vais bien sûr citer les poètes du Grand Jeu, qui avaient ciselé dans une petite revue tout le génie de l'anti-artiste par excellence : pratiquant la lâcheté permanente, et s'amusant " d'une palissade, d'une huître vivante" [ L'un d'entre nous disait récemment que son esprit cherchait avant tout à manger. Parmi ses sensations il cherche ce qui le peut le nourrir. En vain sa faim se traîne de musées en bibliothèques. Mais un spectacle, insignifiant en apparence, soudain lui donne sa pâture (une palissade, une huître vivante). La sensation bouleversante d'un instant a rendu d'un seul coup des forces incalculables à sa vie inquiète. ]

Il est assez étonnant, quand on traîne dans les bas fonds de l'internet, de voir comment le "DIY" et la fabrication de petit gadget ou jeux fait maison, rencontre un tel succès! Tutoriels pour de l'électricité gratuite, fabrication de petit jeux avec des bouteilles en plastique, et du fil retor un morceau de scotch, et voilà que l'homme redevient : primaire! Je ne sais pas si l'on doit s’inquiéter de ce retour aux basiques passé un certain âge, cela peut être perçu comme de l'immaturité, de l'amateurisme; mais je trouve ça amusant : l'homme redevient a son échelle un petit créateur de son quotidien s'émerveillant de ses petites créations et les dévoilant a la toile comme une fierté personnelle. Pourquoi pas!

M. Toupie » défie les lois de la gravitation !


Un véritable français de "souche" comme on en connait tous, 
Photographie d'Epinal

On m'a conseillé la chose suivante, : pour être un bon écrivain, écrivez au moins 15 minutes par jour. Ce qui est valable pour bien d'autres domaines d'études, notamment pour les langues, la musique, le sport. C'est vrai : pourquoi n'en serait il pas de même pour l'écriture? Mais voilà, pour moi je ne souhaite en aucun cas devenir écrivain. Pour multiples raisons que j'expliquerais bientôt, mais secrètement, au fond de moi, je garde enfoui toutes ces pensées qui naissent à la nuit, et meurent au petit jour. Et leurs places de fantômes dans ma vie, à ces pensées, quel serait donc leur sort si elles devaient recouvrir la chair humaine de l'écriture, l'os de l'éternel? Je ne pense pas que de l'or coule sous mes doigts et ces pensées sont vaines car elles sont constituées  le plus souvent, d'humeur, de rêves, d'étoffes de réflexions, de bribes de je ne sais quoi, parfois d'inspiration poétique! A quoi bon livrer tout ça, toute cette merde égotique, à un public qui pourrait s'en satisfaire? A quoi bon....
"A quoi bon",  cette phrase résonne comme un coup d'épée dans l'eau. En 2019, le truc le plus "too much" à faire c'est bien d'écrire un blog de brèves personnelles, de pensées journalières, surtout quand vous n'êtes personne et que vous n'aspirez à rien. Il faudrait potasser des cours de cuisine et de maquillage pour faire quelques centaines de vues. Moi, même cette centaine de vues ne m'émoustille pas! Pourtant... Pourtant.. Pourtant, oui secrètement, intimement, j'aimerais que l'on décèle à travers ce blabla très houellebecquien, quelques onces de pensées géniales, de talent caché, de dons oubliés, de ressentiment ou d'identification. Alors si ce secret je le ressens intimement, dois-je le brimer? Dois je assumer entièrement le fait que je dois mettre ma main dans les fougères et retirer les mauvaises herbes? Que faire de mes considérations politiques, sociales, religieuses qui parfois obsèdent mon esprit au point de me tourmenter. Mieux vaut coucher ça par écrit, et que ça dorme! Et qui sait! Tout cela pourra me servir de matière à de travaux futurs? Qui sait pourrais je relancer la mode du journal intime, quand à une époque, écrire sur un blog quotidiennement pouvait t'assurer un public et des lecteurs! Pourquoi ne tenterai je pas ma chance, on peut voir la vie comme un jeu, comme un concours, comme un jeu concours, et gagner des prix : Houellebecq a bien eu le Goncourt.

Hier soir, a 18h50 la cathédrale Notre Dame de Paris, s'est effondré sous les flammes. J'ai été émue par le spectacle du feu que je trouve impressionnant et spectaculaire, comme un orage d'été dans la montagne brûlante, mais passé ce spectacle, qu'en est il du reste? Qu'en est t il de l'édifice : L'église de Jésus Christ s'est construite sous les pierres de l'Histoire. Si quelques unes de ses pierres s'effondrent sous le poids des années, il n'en est évidemment rien du reste. Pourquoi devrais je m'émouvoir pour cet édifice particulièrement? Outre sa beauté majestueuse, Notre - Dame, n'a rien d'unique, sa seule unicité est sa célébrité mondiale et son universalité, mais à ce sujet chaque église de bourg et de village peut prétendre au même titre, puisque l'Eglise est universelle. Alors oui c'est triste pour les touristes que nous sommes tous, mais pour les catholiques que nous sommes peu, cela est évidement perçu sous une toute autre forme, si tant est que les dernières pages de notre livre saint, relate ce type d’événement! Et quid de la sainte vierge qui aurait donné son nom à cette "Notre - Dame"! La Vierge, à travers les siècle n'a cessé de nous témoigner du sort du Christ (a travers ses apparitions mariales, bien évidemment), et bien voilà que son Fils lui répond en envoyant tout péter! Moi personnellement ça ne pose aucun problème! Ce petit côté païen résurrectionnel ce même lundi Saint, au final il n'y a rien de plus : logique! Et puis on baptise par l'eau pure, pourquoi ne mourrait on pas par le feu sacré? Le cœur flamboyant, le sacré cœur, quelques kilomètres et vous voilà sur la colline de Montmartre où chaque jour le cœur Sacré est adulé. Alors bon. Oui c'est triste, mais chaque "FRANÇAIS" est prêt a la rebâtir! Laissez moi lâcher un "LOL"! Pinault débloque 100 millions :LOL! Eh Pinault, moi je suis catholique chrétienne et extrêmement pauvre, dois-je faire comme Dominique Venner, m'immoler en place religieuse pour attirer ton attention et que ma vie vale (vaille?) quelques euros? Pour sûr! Notre Dame ne doit pas être rebâtie; l'Eglise est en ruine depuis des siècles, elle connait le même sort que le Grèce, que Rome, on viendra visiter ses ruines et ça sera très bien comme ça. Comme disait De Nerval dans Odelettes :

Notre-Dame de Paris


Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

Gérard de Nerval, Odelettes

Après lui, a quoi bon se ridiculiser à écrire un blog? Dites moi.